La nature en action, le rôle insoupçonné des grives dans la reproduction du gui
La neige tant attendue est enfin arrivée, et avec elle, la nature a changé de visage. Les animaux et oiseaux sauvages s’adaptent et offrent ainsi l’occasion de belles découvertes.
C’est le moment idéal pour observer les grives venues du nord de l’Europe et de la Russie. Un certain nombre d’entre elles passent l’hiver chez nous, dans nos contrées moins froides. Qu’il s’agisse de la mauvis, de la litorne ou de la draine, ces espèces ne sont généralement visibles chez nous qu’en hiver.
Photo : P. Nagel
Retenons particulièrement la grive draine, souvent confondue avec la grive musicienne.
C’est la plus grosse des grives et, avec la litorne, la plus bruyante.
On ne les entend jamais chanter chez nous, puisqu'elles ne sont présentes que pendant l’hiver. C’est pourquoi vous entendrez plutôt les cris d’alarme caractéristiques de ces deux grives, audibles en ce moment à grande distance, plutôt que leur chant.
C’est elle qui implante le gui sur les arbres.
Toutes les grives sont des généralistes en matière d’alimentation. Elles s’adaptent aux saisons, consommant des insectes en été, des vers de terre, des fruits et diverses graines. En hiver, elles apprécient particulièrement les fruits de l’alisier torminal.
Photo : FMarmotte5
Photo : Jean-Pierre Ring
Cet arbre, de la famille des sorbiers, est assez répandu dans le Steinhart. Il porte des fruits en grappe, comestibles une fois qu’ils sont blettes. Ils font la joie des grives, merles et étourneaux, qui se régalent dès les premières gelées, littéralement pris d’assaut par cette bande d’affamés.
Photo : A. Amann
Photo : A. Amann
Mais la grive draine est la spécialiste des baies du gui, mûres à cette période de l’année. Sur les photos, ci-dessus, prises il y a quelques jours dans le Steinhart par un membre de notre association, on peut observer la traînée de glue qui permet à la graine de gui de s’emprisonner et de se fixer sur une nouvelle branche. Grâce à un bref passage dans le tube digestif de l’oiseau et à un petit reste de “garde-manger”, la graine se colle sur une branche saine et y développe ses radicelles. Et hop, une nouvelle botte de gui est en train de se créer !
La graine du gui doit obligatoirement passer par le tube digestif de la grive draine ; sinon, elle ne pourra pas germer.
Si vous avez certains arbres couverts de gui, sachez qu’il ne faut pas systématiquement le détruire. Ses fruits constituent un aliment complet en hiver pour de nombreux oiseaux et petits mammifères.
Par ailleurs, souvenons-nous que le druide Panoramix exige que le gui du Steinhart soit prélevé uniquement avec une serpe d’or. Et que le garde champêtre du Steinhart est habilité à verbaliser toute autre forme de récolte. Qu’on se le dise !