La région du Steinhart

Carte de la région de la Lorraine en France, mettant en évidence le département de la Moselle en beige clair et la colline du Le Steinhart en brun foncé avec des annotations en français.

Terre de Nature et d’Histoire

La Lorraine est composée de 28 régions géographiques identifiées sur Wikipedia. L'une d'entre elles est le Steinhart situé entre les villes de Forbach, Sarrebruck et Sarreguemines.

Le Steinhart, territoire naturel de la Moselle, s’étend sur 107 km² et offre un paysage vallonné à l’altitude moyenne de 292m. Son point culminant, le Kelsberg, situé à Oeting, atteint 387,40m, dominant majestueusement la région. Avec une population de 32 000 habitants, le Steinhart affiche une densité de 300 hab/km², mêlant harmonieusement nature préservée et dynamisme humain. Terre de contrastes, entre collines douces et reliefs marqués, ce territoire incarne toute la richesse et la diversité des paysages mosellans.

Cela fait sans doute plus de deux siècles qu'on parle du Steinhart en utilisant ce terme. On trouve déjà le nom dans un rapport au gouvernement intitulé “Notice sur l'arrondissement de Sarreguemines” de 1834 et son auteur, le sous-préfet de Sarreguemines a bien, lui-même, dû entendre ou lire ce terme quelque part. 

En raison des changements de langue liés aux guerres, le nom Steinhart a connu plusieurs variations au fil des époques : Steinharth, Steinhart, Steinart...

La "Notice sur l'arrondissement de Sarreguemines" du sous-préfet de Sarreguemines où l’on retrouve “Steinharth” :

“L’autre partie du canton que l’on appelle le Steinharth est montueux et pierreux, c’est une terre forte qui produit de bon forment. Les habitants de cette partie sont aisés, ceux de l’autre partie sont misérables”.

Il n'est pas daté, on estime qu'il est de 1834, car il comporte des données statistiques de 1831.

En tout le rapport fait 76 pages.

Cliquez pour agrandir la photo.
Remerciements à N. Becker et les archives de Sarreguemines

Le Dictionnaire topographique du département de la Moselle de 1874 présente le Steinhart de cette façon :

“STEINHART (Le), partie des cantons de Forbach et de Sarreguemines caractérisée par les affleurements du muschelkalk, et comprise entre le grès bigarré et les marnes irisées.

Ses limites sont tracées par les villages de Théding, Folkling, Oetting, Behren, Etzling, Spicheren, Alsting, Zinzing, Lixing, Rouhling, Nousseviller, Ippling (en partie), Hundling, Metzing, Diebling et Tenteling. — Le centre du Steinhart est occupé par Gaubiving, Kerbach, Bousbach et Cadenbronn.”

Remerciements à V. Fersing
et la médiathèque de Sarreguemines pour sa confiance.

Le saviez-vous ?

Le mot welcome en anglais et Wilkumme en francique “Platt” partagent une origine commune dans les langues germaniques. Ils viennent tous deux du vieil anglais wilcuma, utilisé dès le 9e siècle, formé de wil (désir) et cuma (invité).

Le“Platt” est parlé principalement en Moselle Est (Steinhart…), en Alsace du Nord (Wissembourg), en Alsace Bossue (Sarre-Union), dans l’Est de la Belgique, au Luxembourg et dans le Rheinland Pfalz, Saar, Hessen (Allemagne) depuis leMoyen Âge.

Ces deux termes sont des “cousins” étymologiques, chacun ayant évolué dans son propre contexte.

La carte du Steinhart

La carte de Cassini

La carte de Cassini, également appelée carte de l'Académie, constitue le premier ensemble de cartes géométriques couvrant l’ensemble du royaume de France. Élaborée au XVIIIe siècle par plusieurs générations de la famille Cassini, cette œuvre monumentale marque une étape majeure dans l’histoire de la cartographie française. Quatre générations de Cassini se sont succédé pour mener à bien ce projet d'envergure.

Les origines de cette carte remontent au règne de Louis XIV, avec la création de l’Académie des sciences en 1666.

À cette époque, la connaissance du territoire reste très approximative. Les distances entre les villes sont souvent estimées en journées de chevauchée, sans réelle précision. C’est dans ce contexte qu’émerge la nécessité d’une carte topographique fiable, fondée sur des mesures géométriques.

La carte de Cassini permet ainsi de visualiser, avec une précision inédite pour l’époque, les villes, villages, routes et reliefs.

Par exemple, sur l’extrait de la carte ci-contre, on peut observer les anciens noms des villages du Steinhart au début des années 1600. Ainsi, Nousseviller-Saint-Nabor y figure sous le nom de Nofweiller, Lexin deviendra Lixing-lès-Rouhling, et Folklein correspond à l’actuel Folkling.

Carte d'état-major

La carte d’état-major, ou carte topographique de France du XIXe siècle, constitue une étape décisive dans l’histoire de la cartographie nationale. Elle s’inscrit dans la continuité des grands relevés amorcés au siècle précédent avec la carte de Cassini, mais répond à de nouveaux besoins liés aux mutations profondes du territoire et aux exigences croissantes de l’administration, de l’armée et des scientifiques.

Sa genèse remonte à une ordonnance royale de 1827, qui confie officiellement sa réalisation au Dépôt de la Guerre, bien que des essais préliminaires aient été entrepris dès 1818. L’implication directe des officiers d’état-major dans les relevés explique l’origine de son nom. Ces militaires, formés aux sciences géographiques et à la topométrie, sillonnèrent la France pour dresser une carte d’une précision inédite.

La carte d’état-major se veut une réponse aux limites de la carte de Cassini, élaborée un siècle plus tôt mais jamais mise à jour de manière systématique. Or, entre-temps, la France s’est profondément transformée. L’essor des réseaux routiers, l’agrandissement des villes et des villages, le recul des forêts, qui atteignent alors leur minimum historique, rendent nécessaire une nouvelle représentation du territoire, adaptée à l’époque.

Sur le plan technique, la carte repose sur une triangulation rigoureuse établie par les ingénieurs géographes et utilise la projection dite de Bonne, assurant une meilleure fidélité des distances et des formes. Les levés sont effectués à l’aide d’instruments de précision comme l’éclimètre, garantissant une grande exactitude dans la représentation des reliefs et des infrastructures.

En comparant cette carte avec celle de Cassini, les progrès sautent aux yeux : les routes, les rivières, les cours d’eau y apparaissent avec bien plus de netteté, et les détails topographiques permettent une lecture beaucoup plus fine du paysage.

Elle témoigne également à travers les toponymes, de l’évolution linguistique et administrative des territoires. Sur l’extrait de carte ci-contre, on observe à nouveau les changements dans les noms des villages du Steinhart, tout comme leur répartition désormais mieux structurée.

Occupation des espaces dans le Steinhart

Dans le Steinhart, l’occupation des sols se répartit comme suit : les forêts domaniales et communales couvrent 18,9% du territoire, soit 2020 hectares ; les zones agricoles labourées représentent 19,6%, soit 2100 hectares ; les zones urbaines occupent 17%, soit 1703 hectares. Enfin, les prairies, zones humides et friches devenues forêts arbustives privées constituent 44,5% du territoire.

Ainsi, avec un total de 4 663 hectares consacrés à des milieux naturels ou semi-naturels (forêts, prairies, zones humides et forêts arbustives), plus de la moitié du Steinhart est dédiée à la nature.

Cette répartition souligne l’importance de la préservation des paysages et des écosystèmes dans l’aménagement de ce territoire.

Carte du Steinhart illustrant la répartition des usages des terre. La majorité, 44,5%, est consacrée aux prairies, zones humides et forêts arbustives. Les forêts représentent 18,9%, les terrains agricoles labourés 19,6%, et les zones urbaines 17%.

Evolution de la population

Au fil des siècles, le Steinhart a su préserver son identité tout en accompagnant les dynamiques de croissance démographique.

En 1800, on y recensait environ 15 000 habitants, vivant pour la plupart de l’agriculture, de l’artisanat local et du commerce régional. Deux siècles plus tard, la région connaît une progression notable : en 2025, la population a doublé, atteignant les 32 000 habitants.

Le Steinhart séduit

Par sa richesse naturelle, la diversité de ses paysages, son climat tempéré et ses villages à taille humaine. C’est une région où il fait bon vivre, porté par des habitants réputés pour leur accueil chaleureux et leur sourire.

Ce succès s'explique également par l’attractivité culturelle et environnementale de la région. Le Steinhart est un véritable havre de paix pour les familles en quête d’authenticité, mais aussi pour les passionnés d’histoire, de patrimoine et de nature. Entre traditions préservées et dynamisme discret, la région continue de s’épanouir, fidèle à son âme tout en accueillant celles et ceux qui souhaitent y bâtir leur avenir.

Quand la mine façonnait les villes

La cité "minière" abritait l'ensemble d'une population travaillant dans les mines de charbon des villes et villages des environs.

Le village de Behren-lès-Forbach qui ne compte que 524 âmes en 1954 deviendra avec une augmentation de sa population de 2.200% en 14 ans, une cité champignon (construite par Camus/Dietsch) dépassant les 12.000 habitants en 1968, pour la plupart issu de l'immigration.
Aujourd'hui la commune compte 23 nationalités différentes représentées par autant de drapeaux, sur le rond-point de l'entrée nord-ouest.
En 2025 Behren est une petite ville dépassant timidement les 6
.000 habitants. Soit une diminution de la moitié de sa population en presque six décennies.

La commune de Rouhling deviendra une petite cité minière (construite hâtivement selon le procédé de Raymond Camus) accueillant 364 mineurs dès 1955 passant ainsi de 586 à 1.926 habitants entre 1954 et 1962, soit une augmentation de sa population de 230% en 8 ans.
Aujourd'hui Rouhling est un village dont la population avoisine les 2
.000 habitants.

L'histoire des quelques habitants de ce terroir qui ayant survécu à la guerre de Trente Ans s'est enrichie de l'apport des Autrichiens, Bavarois, Badewurtembergeois, Suisses, et d'habitants de quelques autres régions allemandes, de quelques Danois et Suédois rescapés de la guerre ainsi que des Huguenots ayant dû fuir la France.

Cette histoire, nous la revendiquons et nous en sommes fiers.

Elle est portée par 170 familles toutes liées entre elles, recensées et identifiées dans le Steinhart, et dont l'arbre généalogique, à votre disposition, a été étudié et mis à jour par notre association sur plus de 300 ans, voire 500 ans pour certaines très vieilles familles.

Les anciens sobriquets du Steinhart 

Surnom familier que l'on donne à une personne avec une intention moqueuse ou plaisante, faisant référence à des particularités physiques ou à des traits de caractère de cette personne, à son origine sociale ou géographique, à son métier, à une anecdote de sa vie ou encore formé sur un jeu de mots.

Illustration de personnages aux têtes d'oiseaux portant des costumes historiques et marchant dans une file, avec un fond de mur en pierre. Sobriquet.

“La basse cour politique” caricature parue en 1831

Pour aller plus loin

Un patrimoine naturel d’exception

L’Agriculture, la Faune et la Flore, les Forêts et les espaces aquatiques. À travers ces domaines, nous prenons conscience de la nécessité de préserver ce patrimoine naturel, véritable héritage à transmettre aux générations futures.

Une forêt dense avec des arbres hauts et un sentier de terre serpentant à travers la végétation, éclairée par la lumière du soleil.

Les 170 familles du Steinhart

Suite à plusieurs années de recherches approfondies sur la généalogie de la région du Steinhart, nous avons pu établir un constat fascinant : 170 familles sont présentes dans cette région “depuis le début”, ancrées dans son histoire depuis toujours.

Groupe de jeunes filles assises en rang en 1937-1938, devant une église, lors d'une sortie.

Un patrimoine culturel vivant

Grâce à la participation des villages et ses habitants, nous partageons et transmettons ensemble l’histoire qui nous unit à travers notre langue le Francique “Platt”, le culinaire, notre bibliographie dense et la photothèque de tous les habitants.

Tarte aux quetsches sur une table en bois.

Une histoire géologique fascinante

Couches géologiques et Fossiles, l’étude de ces éléments nous permet de mieux comprendre l’évolution de notre environnement et de préserver ce précieux patrimoine naturel.

Schéma d'une ammonite avec ses différentes parties étiquetées, notamment le col septal, le tube siphonal, la cloison, la chambre d'habitation, la gonade, la cavité palléale, les branches, l'aptycus, le hyponome, les mâchoires, le tentacule.

Ces événements majeurs qui ont façonné l’identité de la région et de ses habitants

Entre les guerres et libérations, le patrimoine Religieux et les métiers, chaque époque a laissé son empreinte, construisant un héritage précieux que nous avons à cœur de préserver et transmettre.

Un forgeron utilisant un marteau pour façonner une pièce de métal illuminée par la chaleur, avec un établis en bois et un sol en terre entouré de feuilles