Pêcheurs, naturalistes, randonneurs : prenons-en soin ensemble
Le samedi 14 mars 2026, les pêcheurs de France retrouveront enfin leurs spots favoris pour l'ouverture tant attendue de la pêche à la truite en première catégorie. Rivières, étangs et ruisseaux rouvrent leurs portes à des milliers de passionnés, des Vosges aux Pyrénées, en passant par le Massif Central et les Alpes… et bien entendu le Steinhart ! Mais cette année, la canne à la main ne suffit plus, il est temps de regarder nos cours d'eau avec un œil nouveau.
Car derrière la beauté de ces paysages aquatiques se cache une réalité alarmante. Chaque année, nos cours d'eau collectent une quantité impressionnante de déchets : plastiques, canettes, emballages… Autant de traces visibles de gestes du quotidien qui finissent par peser lourd sur l'environnement. Les berges de nos rivières, ces écosystèmes fragiles et précieux, subissent de plein fouet l'impact de la pollution humaine, menaçant directement la biodiversité aquatique et la qualité des eaux.
Alors que la saison 2026 s'ouvre, pêcheurs, randonneurs et amoureux de la nature vous avez un rôle concret à jouer. Découvrez dans cet article pourquoi protéger nos rivières, c'est aussi préserver l'avenir.
Une mobilisation locale révélatrice de ce problème
Le 28 février 2026, des bénévoles de l’AAPPMA La Ligne de Lixing-lès-Rouhling ont nettoyé les berges du Lixingerbach comme chaque année.
En quelques heures, des kilos de déchets ont été retirés.
Des déchets que l’on ne devrait jamais retrouver dans la nature.
Photo : Rebecca Pink
Arthur Krauser, technicien GEMAPI, témoigne : “Il y a une grosse problématique de déchets sur ce cours d’eau, et notamment de rejet de lingettes. On en ramasse quelques kilos par opération, et ce n’est pas bon pour l’environnement et pour le milieu en général.”
Daniel, bénévole engagé, ajoute : “Nettoyer des rivières, c’est quand même lamentable de devoir le faire, mais je pense que c’est une chose juste. On ramasse, malheureusement, énormément de lingettes. Les publicités disent qu’elles sont solubles, mais ce n’est absolument pas vrai, et on les retrouve dans nos rivières, et c’est triste pour la faune et la flore.”
Témoignages recueillis 2025
Photo : Rebecca Pink
L’association Steinhart Terre d’Origines a remis à chaque participant un sachet de 500g de lentilles BIO du GAEC de la Charmille, afin de les remercier et de les encourager dans leur démarche.
Deux rivières, deux réalités
En 2024, une pêche électrique officielle a été réalisée sur la Buschbach, dans le cadre d'un projet de renaturation du cours d'eau en amont du village de Bousbach. Les résultats sont sans appel : aucun poisson n'a été capturé sur ce tronçon, témoignant d'une pollution significative aux causes clairement identifiées.
En revanche, à hauteur du stade de football de Lixing-lès-Rouhing, le bilan est bien plus encourageant. La pêche a permis de capturer vairons, chabots, loches et chevesnes, ainsi que de jeunes truites fario ! Une présence qui confirme la reproduction naturelle de l'espèce dans le Lixingerbach (Betting).
Chevesne - photo : crankys
La truite fario sauvage : joyau des rivières du Steinhart
La truite fario sauvage est la fierté de ces cours d'eau d'exception. Leur lit entièrement pierreux et leur pente prononcée favorisent un lessivage naturel des débris organiques, garantissant une eau d'une pureté remarquable (un environnement idéal pour cette espèce exigeante).
Nos truites sauvages sont de plus en plus saumonées. Leur chair, d'un rouge caractéristique semblable à celle du saumon, doit cette couleur exceptionnelle à la présence du gammare (Gammarus fossarum), un petit crustacé d'eau douce endémique de nos ruisseaux.
Ce minuscule invertébré, riche en astaxanthine (le même pigment naturel qui colore le saumon et la truite de mer) est un indicateur biologique de premier ordre, sa présence témoigne d'une eau froide, oxygénée et parfaitement saine.
Le Buschbach, le Betting et le Lixingerbach sont de véritables joyaux de la biodiversité du Steinhart.
Préservons-les et protégeons-les car ce sont des sources de vie.
Gammare
Truite fario
Les lingettes biodégradables une fausse promesse
Souvent étiquetées comme “solubles” ou “biodégradables”, les lingettes ne se décomposent pas correctement. Elles obstruent les réseaux d’eau, finissent dans les rivières et nuisent gravement à la faune aquatique. Un impact écologique majeur !
Les conséquences sont multiples :
Asphyxie de la vie aquatique
Pollution visuelle et environnementale
Perturbation des sols
Transmission de polluants nocifs
Jetée dans les toilettes… La lingette ne se dissout pas comme le papier toilette et commence son voyage dans les canalisations.
Dans les égouts : Elle s’accroche aux parois, forme des bouchons et peut bloquer les pompes des stations d’épuration, générant surcoûts et risques de débordement.
À la station d’épuration : Souvent trop solide pour être filtrée, elle passe parfois à travers le système ou doit être retirée manuellement.
Dans la nature : En cas de fortes pluies ou débordements, les lingettes sont rejetées dans les rivières où elles s’accrochent aux branches et se mêlent aux galets.
Conséquences écologiques : Elles étouffent la vie aquatique, sont ingérées par les animaux, perturbent les sols et polluent l’eau.
La règle d’or est simple : dans les toilettes, uniquement du papier toilette. Jeter une lingette, même une seule, peut suffire à polluer des kilomètres de rivière.
Agissons ensemble pour nos rivières, c’est préserver la vie
La protection de nos rivières commence aussi dans nos salles de bain. En adoptant de meilleures habitudes, comme ne plus jeter de lingettes dans les toilettes, nous préservons non seulement l’environnement, mais aussi notre qualité de vie et celle des générations futures.
Car nous l’avons constaté : un environnement sain bénéficie à tous.
Un écosystème aquatique en bonne santé est le reflet d’un territoire respecté.
La cigogne noire, espèce rare et discrète, ne s’installe que dans des milieux naturels préservés. Elle dépend des rivières et zones humides riches en biodiversité, loin des pollutions et perturbations humaines. Dans la région du Steinhart, ces oiseaux exceptionnels se reproduisent depuis plus de six ans. C’est le signe clair que les efforts en assainissement et en préservation portent leurs fruits.
Mais ces résultats sont possibles seulement si chacun agit à son niveau, en évitant par exemple de mélanger eaux pluviales et eaux usées.
Cigogne noire dans le Steinhart - Photo A. Amann
On pense souvent, à tort, que nos actions individuelles sont trop petites pour changer les choses. Et pourtant, c’est tout l’inverse. Ce sont ces gestes du quotidien, comme jeter une lingette à la poubelle plutôt qu’aux toilettes qui, répétés par des milliers de personnes, ont un impact réel et durable.
Ensemble, poursuivons cet effort pour préserver la richesse et l’équilibre de nos milieux naturels.