Les croix et calvaires de Diebling
Parmi les nombreuses actions menées par l'association Steinhart Terre d'Origines, l’une d’entre elles est le recensement et l’aide à l’entretien des calvaires présents sur notre territoire. Témoins précieux de notre histoire et de notre patrimoine religieux, ces monuments méritent d’être connus et protégés.
Dans cet article, retrouvez l’ensemble des calvaires recensés sur la commune de Diebling.
Certaines des informations présentées sont tirées de l’ouvrage “Croix et Calvaires dans l’Est mosellan” de Raymond Vilhem et Bernard Molter, avec des illustrations en aquarelle de Raymond Vilhem et des textes de Bernard Molter, que nous remercions pour leur précieux travail de mémoire.
Kaasekritz
La croix des Kaas ou de la famille Kaas, près du nouveau cimetière. Du haut de la côte elle veille sur la paroisse depuis 1865. Elle aurait été érigée à cet endroit par "toutes les âmes bien-pensantes du village", note M. Bergdoll dans son livre sur Diebling. Est-ce le sens de l'inscription illisible aujourd'hui ? D'après l'Abbé Beyer, ancien curé du lieu, on pouvait encore lire autrefois : "Si tu passes par là, souviens-toi, pieux chrétien, que le Christ est mort pour nous sur la croix." Cela ne nous apprend pas pourquoi elle a été plantée là, mais peu importe, elle fait signe au passant que Dieu l'aime.
25 Rue de la Barrière, 57980 Diebling - Le long du chemin vers Loupershouse, prolongeant la rue rue de la Barrière, sur la gauche tout près du cimetière.
Près des marches conduisant au vieux cimetière contre la façade de l'ancienne école des filles.
Lénnkritz
La date est encore lisible : 12 juin 1785.
Inscriptions : AN DEM KREIZ O FROMMER CHRIST BETENC DAS GOTTES SOHN FIER UNS AM KREITZ GESTORBEN IST (O chrétien dévot, devant cette croix, souviens-toi que le fils de Dieu est mort pour nous) Lors de l'aménagement de la Lenn en 1986, ce calvaire dut être rehaussé par l'entreprise Rauscher d'Adamsviller qui lui conserva néanmoins son emplacement et son aspect primitif.
Un mot sur la Lenn. Ce mot de notre dialecte (à Neunkirch il y a également une Lenn), vient probablement, d'après l'Abbé Pax, prêtre de notre diocèse, originaire précisément de Neunkirch, de Linde ou Linnebom, le tilleul. Il se peut qu'il y ait eu autrefois à l'endroit qui est le parvis de l'église un ou plusieurs tilleuls, où les jeunes et les anciens se retrouvaient. En somme, l'agora du village. Tradition qui se poursuit encore de nos jours, sous d'autres formes. — Extrait de l'ouvrage “Diebling” de Denis Bergdoll
30 Rue de Tenteling, 57980 Diebling - À droite dans un ancien jardin appartenant aux sœurs Mertz devenu aujourd'hui un parking.
In Mertzgarde
Croix érigée par Jean Bour et Marguerite Fritz son épouse, en souvenir de leur fils décédé des suites de ses blessures de guerre en 1871.
Klamkritz
Date : 1828
Inscription : DIESES KREITS IST ALLHIER ZUR EHRE GOTTES AUFGERICHTET WORDEN DURCH JAKOB KIL UND MADLEN BOUR UND IHRE KINDER
Cette croix fut érigée ici même pour la plus grande gloire de Dieu par Jacques Kil et Madlen Bour et leurs enfants. Jacques Kil était natif de Metzing, son épouse était de Diebling.
Le couple eut 5 enfants dont 4 étaient déjà décédés à la date de l'érection de la croix.
25 Rue des Champs, 57980 Diebling - Au bord du chemin vers Nousseviller au bout du périmètre constructible, au lieu-dit “Klamklitz”
Croix dite de Johannisweiler
Date : 1833
Inscription : HEUT 11 AUGUST IM JAHRE 1832 WURDE NICOLAS RUSCHE SOHN VON PETER RUSCHE UND VON BARBARA FERY VON EINEM GEWITTERSCHLAG GETROFFEN UND SEIN LEBEN IN EINEM ATEMZUG HIER DEM DOT ÜBERLASSEN UND IN DIE HAND GOTTES GEBEN - traduction : En ce jour du 11 août 1832, Nicolas Rusche (alors âgé de 21 ans) fils de Pierre Rusche (maçon originaire de Rosbruck) et de Barbara Fery (fille du hardier de Diebling) fut atteint par la foudre et rendit son dernier souffle ici même, remettant sa vie entre les mains de Dieu
Le long du chemin menant à Farschviller, côté droit du chemin, en haut du raidillon
99 C Rue Principale, 57980 Diebling — Le long de la RD 910 en direction de Farébersviller sur la droite, juste en face du débouché de la rue du Stade.
Lissekritz
Date : 1865
Inscription illisible.
Dans le langage populaire, elle porte le nom de “Lissekritz” en raison du lieu-dit “Lissen”
Schindswasekritz
Date : 1836
Inscription : DIESES KREUZ WURDE AUFGERICHTET ZU EHRE GOTTES IM JAHRE 1936 VON MARIA MEYER DOCHTER VON JOHANNES MEYER UND MARIE KARST
Traduction : Cette croix fut érigée en 1836 pour la plus grande gloire de Dieu, par Maria Meyer (en réalité Anne-Marie Mayer, alors âgée de 27 ans, qui ne se doutait certainement pas que la même année, précisément le 23 octobre 1836, elle décéderait) fille de Jean Mayer et de Marie Karst.
La croix est dite “Schindswasekritz” parce qu'elle s’élevait au lieu-dit “Schindswase”.
Après guerre (1946) elle gênait lors de la construction de l'immeuble (Wilmouth – Dehe) actuellement Janczack. C'est M. Wilmouth qui l'a déplacée de quelques mètres, bien en vue dans le jardin.
42 Rue du Pont. À la bifurcation rue du Pont – rue du Stade.
à droite de la RD 910 vers Farébersviller, 99c rue Principale dans le village.
Langwieskritz
Érigée par Maria Kipper et ses enfants en ???
Bannspiel
La croix dite du “Bannspiel” s'élevait au début, tout en haut de la côte du “Kalkowe” sur le CD 31c vers Tenteling, juste dans le virage. Elle a été érigée par les héritiers des époux Jean Georges Mertz et Anne-Marie Weber, décédés relativement jeunes à 37 et 43 ans.
Elle fut fortement endommagée durant la dernière guerre et se trouvait en outre justement à l'endroit où on avait projeté de bâtir la grotte de Lourdes.
Elle fut démontée et reconstruite par Jean Nicolas Bour et bénie en même temps que fut inaugurée la grotte le 15 août 1956.
À l'intérieur du terre-plein de la grotte de Lourdes
À gauche de la cour, à l'entrée du moulin, en aval, dans un jardinet.
Mihlekritz
Date : 1825
Elle fut érigée par Anne Marie Weislinger épouse de Nicolas Hein, meunier. Cette femme connut de terribles épreuves durant sa vie. En l'espace de deux ans, elle a perdu son époux alors âgé de 40 ans et 4 de ses 5 enfants. Elle-même est décédée en 1829 à l'âge de 67 ans, ayant vécu au foyer de son unique fille Marguerite devenue épouse Kaas, meunier.
Nota : Un grand nombre de monuments funéraires, croix et calvaires, dont certains semblent très anciens, ont été disposés contre les murs extérieurs de l'église ce qui assure leur conservation.
Remerciements
Norbert Becker pour ses recherches et photos
Certaines informations ont été extraites de l'ouvrage “Diebling” de Denis Bergdoll