Evolution de la population du Steinhart de 1800 à 2023
À travers cet article, nous allons retracer les grandes tendances de la population du Steinhart de 1800 à 2023, en mettant en lumière les phases marquantes, les ruptures historiques et les dynamiques actuelles. Cette analyse permet de mieux comprendre comment ce territoire s’est construit humainement au fil du temps et quels enjeux démographiques se dessinent pour l’avenir.
Concernant les calvaires, nous en avons actuellement recensé une soixantaine. Toutefois, d’après nos estimations, il en existerait un peu plus d’une centaine. Si vous disposez d’informations complémentaires, de témoignages ou de photos, n’hésitez pas à nous contacter afin de nous aider à compléter cet inventaire.
Les premières mentions des communes du Steinhart
En s’intéressant aux dates d’existence des communes, il est possible d’identifier les localités les plus anciennes du territoire du Steinhart, à partir des premières mentions connues dans les archives.
La commune la plus ancienne recensée est Tenteling, dont l’existence est attestée dès l’an 960, ce qui en fait un point d’ancrage historique majeur du secteur. Elle est suivie par Théding, mentionnée à partir de 1124, puis Nousseviller-Saint-Nabor en l’an 1179.
Par la suite, la majorité des autres communes du Steinhart apparaissent progressivement dans les sources médiévales, témoignant d’un développement territorial étalé sur plusieurs siècles.
Les communes les plus tardives sont Œting, attestée en 1446 avec Etzling, mentionnée en 1447 et Behren-lès-Forbach, citée à partir de 1577.
Il est important de souligner que ces dates correspondent aux premières mentions connues dans les documents historiques, et non à la création réelle des villages. Autrement dit, ces repères marquent la date d’existence attestée des communes du Steinhart, mais leur origine peut être plus ancienne, certaines implantations ayant probablement existé bien avant leur apparition dans les archives.
Une évolution globalement stable entre 1800 et 1956
Sur la période allant de 1800 à 1956, les évolutions démographiques apparaissent globalement constantes, avec toutefois quelques pics positifs ou négatifs selon les périodes. Ces variations ponctuelles semblent souvent liées à des événements historiques majeurs, notamment les conflits qui ont marqué l’Est de la France.
Le cas marquant de Rouhling
La commune de Rouhling illustre bien ces fluctuations.
En 1800, elle compte environ 1 060 habitants, mais un siècle plus tard, la population tombe à un peu plus de 400 habitants !
Une hypothèse plausible pour expliquer cette chute serait l’impact des conflits frontaliers, notamment la guerre franco-prussienne de 1870-1871, qui a profondément affecté la Moselle, tant sur le plan démographique que territorial.
Kerbach : une forte baisse entre 1900 et 1936
Un autre cas notable est celui de Kerbach. La commune compte environ 760 habitants en 1900, mais n’en recense plus qu’environ 300 en 1936, soit une baisse très significative en à peine trois décennies.
La cause probable de ce recul serait liée aux conséquences de la Première Guerre mondiale (1914-1918) :
pertes humaines importantes
déplacements de population
instabilité liée aux changements d’administration en Moselle
ralentissement économique local
D’autres facteurs possibles de baisse démographique
Concernant les diminutions de population observées sur certaines périodes, il faut également prendre en compte d’autres facteurs historiques souvent sous-estimés.
Les vagues d’émigration du XIXe siècle ont notamment touché de nombreux territoires ruraux, avec des départs vers les grandes villes industrielles ou vers l’étranger (notamment l’Amérique). Ces mouvements ont pu contribuer à des baisses durables dans certaines communes.
Par ailleurs, les crises sanitaires ont joué un rôle non négligeable. La grippe espagnole de 1918, qui a causé environ 400 000 morts en France, a fortement marqué les populations. Si les chiffres précis restent difficiles à établir à l’échelle locale, il est probable que le Steinhart ait lui aussi été touché par cette pandémie, accentuant ponctuellement les reculs démographiques.
Des villages à évolution plus régulière
À l’inverse, plusieurs communes affichent une évolution démographique plus linéaire sur cette période.
C’est le cas notamment d’Alsting, Bousbach, Diebling, Hundling, Lixing, Metzing, Nousseviller-Saint-Nabor, Œting, Spicheren, Tenteling et Théding.
Dans ces localités, les données suggèrent une croissance ou une décroissance progressive, sans rupture démographique majeure identifiable.
Dans l’ensemble, ces variations montrent que la démographie locale ne relève pas uniquement de dynamiques naturelles.
Elle est largement influencée par les conflits, les changements de frontières et les cycles économiques régionaux.
Un pic démographique marquant à Behren en 1982
L’analyse du tableau démographique met en évidence un phénomène particulièrement notable : un pic de population à Behren-lès-Forbach en 1982, avec une hausse spectaculaire de +122 %.
Contrairement à une croissance naturelle, la forte augmentation de la population trouve en réalité son origine dès le début des années 1960. Elle est directement liée à la construction de la cité de Behren, composée des blocs Camus-Dietsch, inaugurée en 1962 par les Houillères du Bassin de Lorraine.
Cet ensemble de logements collectifs est conçu pour répondre aux besoins massifs en main-d’œuvre industrielle. Il vise notamment à loger des travailleurs venus de l’étranger, parmi lesquels des Italiens, Algériens, Marocains, Turcs et bien d’autres nationalités. Au total, plus d’une vingtaine d’origines différentes sont représentées, illustrant l’ampleur du phénomène migratoire.
Même si la construction débute dans les années 1960, son impact démographique plein se reflète surtout dans les statistiques des années 1980, lorsque l’occupation de la cité devient maximale.
Cette explosion démographique s’explique par plusieurs facteurs structurels :
la mise en service et l’occupation complète des blocs Camus-Dietsch
le recrutement massif de travailleurs étrangers pour soutenir l’économie industrielle locale
une politique de logement portée par les Houillères
une urbanisation rapide de la commune
Ce bond de +122 % constitue un véritable tournant dans l’histoire de Behren, la transition d’un village vers une commune urbanisée, une diversification culturelle durable, l’ancrage d’une population issue de l’immigration de travail.
Ce type de rupture démographique est caractéristique des territoires industriels de Moselle à la fin du XXe siècle, où urbanisation, industrie et migrations ont profondément remodelé les équilibres locaux.
Une baisse démographique récente entre 2010 et 2023
On observe également une tendance plus récente dans les données : entre 2010 et 2023, certains bourgs ont enregistré une baisse de population. Cette diminution s’explique en partie par des dynamiques transfrontalières propres aux territoires proches de la frontière franco-allemande.
Dans plusieurs communes, une partie des habitants d’origine allemande a choisi de retourner vivre en Allemagne, notamment après la crise sanitaire liée au COVID-19.
Pendant des années, ces résidents avaient contribué à maintenir la population locale, attirés par, un coût du logement plus accessible côté français, la proximité immédiate avec l’Allemagne et des dynamiques de travail transfrontalier…. Cependant, la pandémie a modifié certains équilibres.
Après la crise du COVID-19, plusieurs facteurs ont favorisé ces retours :
évolution du télétravail et des mobilités transfrontalières
changements dans les politiques sanitaires et administratives
réévaluation des choix de résidence par les travailleurs frontaliers
Ce phénomène explique en partie la baisse démographique observée dans certaines communes entre 2010 et 2023, en particulier dans les zones frontalières de l’Est de la France.
L’étude démographique des communes du Steinhart met en évidence une histoire profondément marquée par les grands bouleversements du territoire mosellan. Entre évolutions lentes au XIXe siècle, ruptures liées aux conflits, urbanisation rapide au XXe siècle et dynamiques transfrontalières plus récentes, la population locale n’a jamais cessé d’évoluer.
Certaines communes affichent une remarquable stabilité sur la durée, tandis que d’autres connaissent des variations brutales, souvent en lien avec l’histoire industrielle, les guerres ou encore les mobilités frontalières avec l’Allemagne.
Enfin, l’analyse des premières mentions historiques rappelle que ces villages s’inscrivent dans un temps long, parfois millénaire, témoignant d’un ancrage territorial ancien au cœur de la Moselle.
Au croisement de l’histoire, de la géographie et des dynamiques humaines, cette lecture démographique permet ainsi de mieux comprendre l’identité et les transformations du Steinhart à travers les siècles.
Sources : Wikipedia et mairies du Steinhart