Découverte de fossiles de Rhinocéros et de Mammouths dans le Steinhart
Imaginez la colline de la Kreutzeck à Spicheren (Steinhart, Moselle), à la frontière entre la France et l'Allemagne, non pas recouverte de sa forêt paisible actuelle, mais foulée par des géants de plus de 13 tonnes.
C'est l'incroyable voyage dans le temps qu'a offert la carrière de Spicheren (sur les bans d'Alsting, Etzling et Spicheren) au cours du XXe siècle. Si cette ancienne exploitation de pierre calcaire, reprise en 1909 par la firme luxembourgeoise ARBED, a longtemps nourri les fours à chaux de Bubingen à l'aide d'un impressionnant téléphérique, elle cachait surtout des trésors enfouis depuis des centaines de milliers d'années.
En mars 1926, lors d'un abattage routinier du front de taille, les ouvriers carriers font une découverte paléolithique et archéologique majeure en Moselle : un puits naturel renfermant les ossements exceptionnellement conservés d’un Rhinocéros de Merck, un colosse de l'époque Quaternaire, mais aussi des molaires d’un Éléphant antique ou d’un Mammouth des steppes !
S'agissait-il d'un piège naturel ou d'un site de chasse de nos ancêtres Homo heidelbergensis ou de Néandertal ? Plongez au cœur de cette enquête archéologique.
L'histoire de la carrière de la Kreutzeck à Spicheren
Ce sont les découvertes paléolithiques et archéologiques qui nous renseignent. Les premières traces d'exploitation de la pierre calcaire sur le site de la “Kreutzeck” situé sur les bans limitrophes de Spicheren, Alsting et Etzling, remontent à 1862.
À partir de 1909, la firme luxembourgeoise ARBED (Aciéries Réunies de Burbach-Eich-Dudelange) exploita ladite carrière à plus grande échelle. Les pierres calcaires extraites étaient acheminées jusqu'à Bubingen (Allemagne) où elles alimentaient des fours à chaux, grâce à un téléphérique de 5,5 km. Quotidiennement de 800 à 1000 wagonnets dont chacun avait une charge utile d'une demi-tonne de pierres effectuaient cette navette. 120 à 150 villageois des environs et travailleurs immigrés (en majorité des Italiens) travaillaient là. L’extraction des pierres se faisait à la main à l’aide de pics, de barres à mine ou de pioches. Pour détacher les blocs de pierre du front de taille, on avait parfois recours à l'explosif.
Jules Sommermatter, qui prit la direction de la carrière en 1924, tenta l’extraction souterraine des pierres. Les galeries ouvertes à 10-12 mètres de la surface atteignaient jusqu'à 70 m de profondeur. Mais ce projet fut abandonné au bout de deux ans, les travaux de soutènement dans les galeries étant trop coûteux et l’efficacité de la méthode peu probante.
Mars 1926 : La découverte paléolithique majeure à Spicheren
En mars 1926 dans la progression de l'abattage du front de taille, des ouvriers mirent à jour un trou rempli de marne grise contenant des os de grande taille et fort bien conservés ainsi que sur des restes de bois également d’une conservation étonnante. Au point de gisement, la surface marquait une dépression longitudinale due à une fente naturelle du terrain, se dirigeant du nord-ouest au sud-est et remplie de déchets pierreux constituant le plateau.
(1) Le site de la découverte est matérialisé par un point rouge.
(2) Croquis du gisement
C'était à l’époque quaternaire sans doute un ravin creusé par les eaux de ruissellement suivant la direction de la fente. Ces eaux, réunies dans le ravin et se heurtant contre une roche plus résistante, s’étaient creusé un puits et frayé ensuite leur sortie en érodant les parties moins résistantes du sol en canal souterrain déversant l’eau vers la vallée. À un certain moment, soit à une période de grande sécheresse, soit à une époque où les eaux de ruissellement avaient trouvé un autre chemin, le puits et le canal creusés par elles se sont vidés libérant un espace où des animaux ont pu tomber ou être précipité (technique de chasse et piégeage par l'homme), voire tués et dépecés ce qui n'a pas pu être prouvé à ce jour. Plus tard, de nouvelles précipitations remplirent canal et puits de fortes couches de marne gris-vert entraînée par les eaux de surface dans le ravin et lesdites cavités.
Suite à cette découverte, Jules Sommermatter, le chef d’exploitation du site, poursuivit lui-même les recherches, fit mettre l’ensemble des découvertes à l’abri et en informa le responsable du musée préhistorique de Strasbourg qui dépêcha sur place toute une équipe de recherches.
Le trou en question, rencontré à une dizaine de mètres au-dessous du niveau actuel de la colline, avait comme dimensions environ 3 m de diamètre sur 3 m de hauteur.
Dans la partie supérieure de cet ensemble boueux se trouvaient les restes de bois à l’apparence très fraîche, mais attaqués parfois par un feu ayant carbonisé leur surface. Dans la partie inférieure furent découverts les os les plus gros et les plus lourds qui s'étaient déposés naturellement dans le fond. Peu à peu l’eau en disparut par les fentes du terrain et par l’évaporation. La boue seule restait sur place et en se desséchant formait autour des os et des bois une gaine protectrice contre les attaques de l’air et contre les intempéries.
Coupe du terrain de Spicheren
Le Quaternaire, c'est quoi ?
Le Quaternaire est la troisième et dernière période de l'ère Cénozoïque.
Elle a commencé il y a 2,58 millions d'années et se poursuit aujourd'hui.
Si l'histoire de la Terre était compressée en une seule année, le Quaternaire ne représenterait que les toutes dernières heures du 31 décembre. C'est une période ultra-récente à l'échelle géologique, mais d'une intensité folle.
Le Quaternaire se résume facilement par trois grands phénomènes :
La valse des glaciations (Le climat) : Le Quaternaire est l'âge de glace par excellence. Le climat de la Terre s'est mis à osciller de façon cyclique entre des périodes glaciaires : Le froid s'installe, les calottes polaires descendent très bas (couvrant une bonne partie de l'Europe et de l'Amérique du Nord) et le niveau des mers baisse drastiquement (jusqu'à -120 mètres !). Des périodes interglaciaires : Le climat se réchauffe, les glaces reculent et le niveau de l'eau remonte. Nous traversons actuellement l'une de ces périodes douces depuis environ 11 700 ans.
Mammouths et extinction (La faune) : C'est l'époque de la "mégafaune". Des mammouths laineux, des tigres à dents de sabre, des rhinocéros laineux et des cerfs géants. Ces animaux étaient parfaitement adaptés au froid intense. La plupart de ces géants ont disparu à la fin de la dernière glaciation, il y a environ 10 000 ans, à cause du réchauffement climatique et de la pression de la chasse.
Le règne d'Homo (L'évolution humaine) : le Quaternaire est l'époque de l'Homme. C'est durant cette période que le genre Homo se développe, colonise la planète, et que notre propre espèce, Homo sapiens, apparaît (il y a environ 300 000 ans) pour finalement devenir l'espèce dominante.
Le Quaternaire se divise en deux époques très distinctes :
Le Pléistocène(de -2,58 millions d'années à -11 700 ans) : C'est l'époque des grandes glaciations, des mammouths et des premiers hommes préhistoriques.
L'Holocène (de -11 700 ans à aujourd'hui) : C'est notre époque actuelle. Le climat se stabilise, l'agriculture naît, les civilisations se développent.
L'Anthropocène ? De nombreux scientifiques estiment aujourd'hui que nous sommes sortis de l'Holocène pour entrer dans une nouvelle sous-époque : l'Anthropocène (l'âge de l'homme). Ce terme (non officiel mais très populaire) désigne la période actuelle où les activités humaines sont devenues la principale force de changement sur le climat et l'environnement de la Terre.
Le Rhinocéros de Merck, un géant interglaciaire
Revenons à notre découverte : les ossements trouvés dans le puits, expertisés par monsieur Stehling, conservateur du musée de Bâle, appartenaient à un seul animal, un rhinocéros Mercki (Dicerorhinus kirchbergensis) aussi appelé rhinocéros de Merck (nous en avons déjà parlé sur le site “découverte du rhinocéros de Merck”) très typique appartenant au quaternaire ancien et spécialement à une de ses phases interglaciaires, c’est-à-dire chaudes.
Rhinocéros de Merck
Tous les os provenaient d’un seul individu, mais ne représentaient dans la totalité qu’une faible partie du squelette. Il y avait là quelques éléments du crâne, des fragments et une moitié de la mâchoire inférieure, une molaire, de nombreux fragments des côtes, d’omoplate, de vertèbres, des fémurs et un tibia de 47 cm et des os du pied.
L'animal, plutôt jeune, est localisé à proximité d'un autre ravin où des traces de terre rougie par un feu violent ont été relevées.
Les nombreuses pièces de bois calcinées ou partiellement calcinées pourraient témoigner, sans certitude, de la présence de l'homme sur les lieux de la découverte vraisemblablement au Paléolithique ancien, première période de la préhistoire qui a débuté il y a environ 500 000 ans dans notre région.
Les morceaux de bois furent analysés par P. Guinier, directeur de l'école forestière à Nancy. Celui détermina qu'on était en présence des essences Pinus sylvestris et d'Abies alba, autrement dit de Pin sylvestre et de sapin commun présentes lors des périodes interglaciaires.
(3) — Molaire de rhinocéros : 1,1a, gale et cône de pin : 2,6, vertèbre : 4, os du pied : 7, côte : 8, tibia : 9, objets en bois : 10 à 19, et spécimens de marne brûlée : 18, ou de marne avec restes de plantes : 19,20 découverts dans le puits paléolithique de Spicheren.
Le mode de vie du Dicerorhinus kirchbergensis dans les forêts d'Europe
Le rhinocéros de Kirchner (Dicerorhinus kirchbergensis), également connu sous le nom de rhinocéros de Merck (ou, plus rarement, rhinocéros des forêts), est une espèce éteinte de rhinocéros appartenant au genre Dicerorhinus. Cet animal appartenait au genre Dicerorhinus, dont ne subsiste plus actuellement que le rhinocéros de Sumatra, en grave danger d'extinction. Il vivait en Eurasie de la fin du Pléistocène inférieur (il y a environ 800 000 ans) jusqu'à son extinction au Pléistocène supérieur (ayant survécu au moins jusqu'à il y a 40 000 ans, voire plus tard). Son aire de répartition s'étendait de l'Europe occidentale à l'Asie orientale .
Le rhinocéros de Merck était un grand rhinocéros, dont la masse corporelle variait de 1 800 à 1 900 kilogrammes. Un spécimen particulièrement imposant, découvert en Pologne, atteignait une hauteur au garrot estimée à 1,82 mètre. Son squelette est robuste et massif. Le crâne du rhinocéros de Merck est allongé, la cloison nasale n'étant ossifiée que vers son extrémité antérieure. La symphyse mandibulaire est relativement longue et la mandibule possède une branche horizontale haute et épaisse.
Le rhinocéros de Merck habitait dans des écosystèmes boisés où l'eau était abondante, où il se nourrissait de bourgeons et de feuilles.
En Europe, il faisait partie de l'assemblage écologique de Palaeoloxodon antiquus pendant les périodes interglaciaires, où il côtoyait l'éléphant à défenses droites (Palaeoloxodon antiquus), le rhinocéros à nez étroit (Stephanorhinus hemitoechus), l'aurochs (Bos primigenius), le buffle d'eau européen (Bubalus murrensis), le cheval sauvage (Equus ferus), l'élan d'Irlande (Megaloceros giganteus), le cerf élaphe (Cervus elaphus), le daim (Dama), le chevreuil (Capreolus capreolus), le sanglier (Sus scrofa), l'ours brun (Ursus arctos), les hyènes des cavernes (Crocuta spelaea), les lions des cavernes (Panthera spelaea), les léopards européens (Panthera pardus) et les loups (Canis lupus).
Sensibilisés à l'importance de ces découvertes, on trouva encore dans les jours et semaines suivants d'autres ossements, dont des morceaux de molaires d'Elephas antiquus (Éléphant à défenses droites).
L’éléphant antique (Palaeoloxodon antiquus), également appelé éléphant des forêts ou éléphant à défenses droites est un animal de grande taille atteignant 4,2 m de hauteur et pesant jusqu’à 13 tonnes, qui vivait en Europe entre 800 000 et 33 000 ans avant notre ère. Il parcourait nos régions lors des périodes interglaciaires de la Préhistoire et migrait vers le sud lors des périodes glaciaires. Cette espèce a été chassée par les hommes préhistoriques, pré-néandertaliens et néandertaliens.
Reconstitution Elephas antiquus / Paleoloxodonantiquus
(4) Robert Forrer, montre de la main droite le nid de charbon et de terre brûlée enveloppé dans la marne de couleur gris foncé remplissant la caverne. Celle-ci est indiquée par la tache plus noire. Vue prise par M. A. F. Schaeffer le jour de la découverte.
1928 : Une nouvelle cavité découverte de fossiles d’Éléphant antique ou mammouth des steppes à la Kreutzeck
Le 26 septembre 1928, à environ 120 m à l'ouest du premier puits naturel, une charge de dynamite mis à jour une nouvelle cavité d'environ 2m de haut sur une largeur de 1m30 remplie de marne grise et contenant comme la première fois, de la terre brûlée, des restes de charbons de bois, des fragments de résineux (pin sylvestre et sapin) et des ossements du quaternaire.
Les restes mis à jour comprenaient : des fragments de molaire d'éléphant, une partie de défense d'éléphant de 12 cm de diamètre et de 17 de longueur, un tibia et quelques autres gros os appartenant à des éléphants ainsi que de petits fragments d'une petite dent de rhinocéros.
Fragment de molaire et molaire complète d'Elephas antiquus-trogontherii trouvés à Spicheren.
Le professeur Dubois directeur de l'institut de géologie de Strasbourg ayant examiné les trouvailles conclut que les deux molaires les mieux conservées étaient caractéristiques de l'éléphant antique (Palaeoloxodon antiquus) ou du mammouth des steppes (Mammuthus trogontherii).
On trouva par ailleurs sur les lieux un grand coin en pierre calcaire, un peu siliceuse, très dure, mais sans trace de retouche qui aurait pu servir d'instrument pour ouvrir les crânes d'animaux chassés afin d'atteindre la cervelle ou pour broyer les gros os pour en retirer la moelle.
On notera qu'en Sarre et en Moselle d'autres découvertes du quaternaire de ce type (rhinocéros, hippopotame ou éléphant antique) ont été faites notamment à Burbach, Téting, Sablon et Erching.
Pour la Moselle on recense une soixantaine de découvertes d'ossements du Paléolithique.
Des trésors dispersés, de Sarreguemines à l'exode en Charente en 1939
Une partie des pièces découvertes à Spicheren se trouvent au musée archéologique de Strasbourg.
D'autres avaient été remises à l'époque au musée de Sarreguemines (créé en 1922), par la suite certaines ayant subi des avaries ont été jetées.
En 1939 les collections du musée ont été envoyées en Charente par train, mais l'essentiel n'est plus revenu.
4 molaires d'éléphant / mammouth se trouveraient toujours dans les réserves du musée à Sarreguemines !
Il n'est pas exclu que d'autres encore se trouvent chez des particuliers dont un parent avait travaillé dans la Kreutzeck des années 1925 à 1930…
C'est ainsi que l’association Steinhart Terre d’Origines a pu photographier chez l'un d'eux, ce fragment de molaire d’un mammouth des steppes ou d'éléphant antique, que vous trouverez ci-contre et ci-dessous.
La molaire a été rapportée à la maison par J-B Philippe (20.11.1885 - 8.9.1959) qui travaillait comme carrier à la Kreutzeck lors de cette découverte.
Envie de découvrir ce fossile de vos propres yeux ?
L'association Steinhart Terre d’Origines aura le plaisir de vous présenter ce fragment exceptionnel de molaire lors de la fête du village de Lixing-lès-Rouhling.
Venez nous rencontrer sur notre stand les 13 et 14 juin 2026 pour échanger, plonger dans l'histoire de notre région et admirer de près ce témoin fascinant du passé !
On relèvera qu'aucun outil ou arme en pierre n'a été prélevé sur le site de la Kreutzeck, ce qui ne prouve pas qu'il n'y en avait pas.
Mais on peut hypothéquer que les ouvriers non avertis travaillant à longueur de journée la pierre n'ont tout simplement pas prêté attention à des indices qui n'auraient pas échappés à des archéologues.
Ces outils primitifs du quaternaire, peu travaillés, (coup-de-poing, broyeurs en caillou, coins, etc.) auraient pu facilement se confondre avec la roche pulvérisée par les explosifs ou les éclats de pierres brisées sous la pioche des carriers.
Des outils en Muschelkalk peu travaillés ont été trouvés en d'autres lieux comme à Burbach. La révision de ces objets par des archéologues alsaciens exclut cependant leur origine anthropique (com. orale E. Boes, Inrap).
Le site de découverte aujourd'hui
Interrompus pendant la période de l'évacuation des villages de la zone rouge de l'Est mosellan (1939/1940) les travaux reprirent dans la Kreutzeck dès 1941 pour s'arrêter définitivement fin novembre 1944 lors de l'avancée des troupes américaines.
Aujourd'hui on confère à ce site le titre de “Réserve Naturelle Volontaire” pour son intérêt écologique et scientifique exceptionnel. Il abrite en effet tout un patrimoine composé d'animaux, de plantes, d'insectes, d'arbres et de fossiles à protéger.
Le mammouth des steppes
Le mammouth des steppes (Mammuthus trogontherii) est une espèce de mammouth primitif à peau nue de très grande taille. Avec le Mammuthus meridionalis et le dinothérium, le mammouth des steppes compte parmi les plus grands proboscidiens ayant jamais vécu (4,7m de haut et environ 7 tonnes) pendant des périodes interglaciaires et glaciaires entre 750 000 et 110 000 ans avant notre ère.
Il est remplacé par le mammouth laineux (Mammuthus primigenius) lors de la dernière glaciation.
Pour distinguer les différentes espèces d’éléphant et mammouths, on procède à l'étude des caractéristiques de ses dents.
Mammuthus trogontherii
Croquis du mammouth des steppes
Une révision des molaires de Spicheren sera réalisée dans le cadre du PCR (Projet Collectif de Recherche) PaléoLorr par des archéologues lorrains afin d'essayer de déterminer à quelle espèce elles appartenaient.
Une expertise complémentaire des ossements pourrait être déterminante pour savoir si l'homme est intervenu pour dépecer les animaux de la Kreutzeck (traces de raclures, de taille, de coupe ou d'écrasement à l'aide d'un outil).
Si c'est le cas, on se posera la question :
Qui était le chasseur de mammouth ?
Les humains du Paléolithique étaient la plupart du temps nomades, se déplaçant au gré des saisons en fonction des ressources alimentaires disponibles, qu'elles soient végétales ou animales. Ils ne connaissaient ni l'agriculture ni l'élevage. Outre la chasse et la pêche, le charognage était un moyen d'acquisition de ressources carnées au Paléolithique inférieur et moyen. La cueillette de fruits et de végétaux, le déterrage de tubercules et la récolte d’œufs représentaient souvent la majorité des calories obtenues. Il s'abritait dans des huttes rudimentaires constituées de branchages et de feuilles.
La domestication du feu est attestée à partir d'environ 400 000 ans avant le présent dans plusieurs régions du monde, peuplées par des espèces humaines différentes.
Il y a seulement 30 000 ans, on estime qu’un homme dépassait rarement l’âge de 35 ans.
Pendant le Pléistocène (une période qui s’étend d’environ 2,6 millions d’années à 11 700 ans), plusieurs homininés ont vécu sur le territoire de l’actuelle France.
Voici les principales :
Homo heidelbergensis : Présent il y a environ 600 000 à 200 000 ans, ancêtre probable des Néandertaliens. On a retrouvé des traces en France, notamment dans des sites anciens.
Homo neanderthalensis (l’Homme de Néandertal) : Présent entre 400 000 et 40 000 ans, très bien adapté au climat froid du Pléistocène. Nombreux sites en France (comme La Chapelle-aux-Saints), culture élaborée (outils, sépultures).
Homo sapiens : Arrivé en Europe vers 45 000 ans, coexiste un temps avec Néandertal. Auteur des célèbres peintures de Grotte de Lascaux.
Pour sa collaboration, remerciements à G. Asselin
Archéologue lithicien à la maison de l'archéologie et du patrimoine à Metz.
Recherches pour la réalisation de cet article par N. Becker, Historien,
pour l’association Steinhart Terre d’Origines.
Sources :
Robert Forrer, article paru dans les Cahiers d’archéologie et d'histoire d'Alsace n° 69-72 de 1927 ;
Robert Forrer article paru dans les Cahiers d’archéologie et d'histoire d'Alsace n° 73-80 de 1928 et 1929 ;
Les photos 2, 3, 4 et 5 sont empruntées aux travaux de Robert Forrer (1866 – 1947), archéologue d'origine suisse ayant œuvré au futur Musée archéologique de Strasbourg.
Dr. E. Linckenheld dans “Archéologisches Repertorium der Kreise Forbach und Saargemünd”.
Henri Hiegel “La châtellenie et la ville de Sarreguemines de 1335 à 1630” p. 15. Dans cet ouvrage H. Hiegel mentionne “Un second mammouth a été découvert en 1931 dans les carrières de Spicheren”.
Il précise que ce renseignement est dû à M. A. Dahlem de Forbach ; cf. aussi Wolfran et Gley. Cette information est erronée et fait uniquement référence à un article paru dans l'ouvrage d'E. Linkenheld cité plus haut qui indique qu'une version populaire de la découverte de Stiring (corrigé en Spicheren deux pages après) figure dans le journal “Stimmen aus Lothringen”.
Joseph Rohr commet la même erreur dans “Forbach et son arrondissement” p. 94.
Journal “Stimmen aus Lothringen”, premier numéro en date du 3 juillet 1931. Ce journal dont le siège était à Forbach parut entre 1931 et 1939.
Autres informations Wikipédia.